Sur la main du patron une larme tomba.

—Tu es un bon petit gars! murmura-t-il, merci.

—Je serai ce que l'avenir voudra, repartit Patou, qui redressa sa courte taille. Je n'en sais rien, mais je puis répondre du présent et vous dire que, sur un signe de vous, je me jetterais dans l'eau ou dans le feu, à votre choix!

Le patron se pencha sur lui et le baisa, répétant à demi-voix:

—Merci, petit homme. Je serais bien embarrassé de dire au juste où le bât me blesse, mais je sens que j'aurai bientôt besoin de tous ceux qui m'aiment… Dis-moi ce que tu as vu.

Ils se reprirent à marcher côte à côte, et Patou commença ainsi:

—Quand je suis arrivé, après l'école, l'abbé Martel était seul avec le gros marchand de chevaux. Ils parlaient de ceci et de cela, de l'arrestation de Pichegru, je suppose, car l'abbé Martel a dit:

«—Le malheureux homme a terni en quelques jours de bien belles années de gloire.

«—Savoir, savoir! a répondu le gros maquignon; ça dépend du point de vue!»

Puis il ajouta: