Il n'avait pas encore achevé ces sages paroles, quand le marteau de la porte extérieure, manié à toute volée, retentit dans le silence de la nuit.
C'était là une interruption tout à fait inattendue. Au premier moment, personne n'en put deviner la nature.
Mais bientôt une voix s'éleva dans la rue, qui disait:
—Ouvrez, au nom de la loi!
—M. Berthellemot! s'écrièrent en choeur les gens de la préfecture.
M. Barbaroux s'élança le premier, suivi des quatre agents, et l'instant d'après, le secrétaire général faisait son entrée solennelle. Il avait derrière lui une armée.
Pour se présenter, il avait arboré le sourire déjà bien connu de M.
Talleyrand et l'avait ajouté au regard de M. de Sartines.
—Ah! ah! mon voisin, fit-il aiguisant avec soin la pointe d'une fine ironie, rien ne m'échappe! Nous avons eu de la peine à retrouver vos traces, mais nous y sommes parvenus. C'est une affaire! c'est une grave affaire! Je ne m'explique pas prématurément sur ses ramifications, mais tenez-vous pour assuré que j'ai pris des notes… Je vous demande de m'exhiber le prétendu ordre du premier consul, au cas où vous ne l'auriez pas déjà détruit.
—Pourquoi l'aurais-je détruit? demanda Gâteloup en plongeant sa main dans sa poche.
M. Berthellemot jeta à la ronde un coup d'oeil satisfait, et répondit en faisant claquer quelques-uns de ses doigts: