—Sa dernière lettre, balbutia le vieil homme, dont les larmes, jaillirent, était écrite avec du sang et disait: Je vais mourir!…

René se leva de son haut et mit ses deux pieds nus sur le parquet.

—Il est peut-être temps encore! s'écria-t-il, rendu comme par enchantement à l'énergie de son âge.

Jean-Pierre secoua la tête et voulut le retenir pour l'empêcher de tomber: mais Germain Patou dit:

—C'est fini, la crise est passée.

Et en effet René resta solide sur ses jarrets.

—Dites-moi tout, reprit René d'une voix basse, mais ferme. Je ne sais rien. Ces trois jours ont été arrachés à ma vie… et bien d'autres avant eux. Je ne sais rien, sur mon salut, sur mon honneur! Je n'ai jamais cessé de l'aimer. J'ai été fou encore plus que criminel, et cela me donne le droit de la venger.

Jean-Pierre l'attira contre son coeur.

—Nous aurions été trop heureux! pensa-t-il tout haut. La pauvre femme me disait souvent: «J'ai tant de joie que cela me fait peur!» Nous sommes vieux tous deux, elle et moi, monsieur de Kervoz, nous ne souffrirons pas bien longtemps désormais… Promettez-moi que vous serez le frère et l'ami de l'enfant qui va rester tout seul.

—Votre fils sera mon fils! s'écria René.