Il y eut de l'hésitation parmi les curieux. Georges se retourna pour faire tête aux agents, qui essayaient de monter dans les deux véhicules voisins. Il tira deux coups de pistolet et fut blessé de trois projectiles, dont l'un était une bouteille, parti du cabaret qui faisait le coin de la rue de Buci.

Quand il regarda de nouveau devant lui, les rangs s'étaient notablement éclaircis, mais ceux qui restaient semblaient décidés à tenir tête: entre autres un groupe de militaires avaient dégainé le sabre.

On put entendre, en ce moment, des coups de feu dans la rue de Buci. C'était le capitaine L—— et trois de ses amis qui prenaient les agents à revers.

En même temps, un homme de haute taille et coiffé de cheveux blancs, fendit la presse qui encombrait la rue Saint-André-des-Arts. Il bondit en scène, brandissant un sabre qu'il venait d'arracher à un soldat du train de l'artillerie, lequel le poursuivait en criant.

Nous avons vu que Jean-Pierre Sévérin, au lieu de prendre la rue Saint-Jacques, comme son compagnon Germain Patou, avait continué de longer le quai.

Tout ce que nous venons de raconter s'était passé avec une rapidité si grande que Jean-Pierre Sévérin ne faisait que d'arriver, quoiqu'il eût toujours marché d'un bon pas.

De la rue Saint-André-des-Arts, il avait reconnu, au beau milieu de la bagarre, l'oncle de René de Kervoz, debout dans sa voiture et faisant le coup de feu.

L'idée lui vint soudain que ceci était une suite de l'erreur de M.
Berthellemot, confondant M. Morinière, le maquignon inoffensif, avec
Georges Cadoudal, qui voulait tuer le premier consul.

Aucun de nous n'est parfait. Tout homme tient à son opinion, surtout les chevaliers errants, dit-on, et Gâteloup était un chevalier errant. Sa vie s'était passée à défendre le faible contre le fort.

Dans sa pensée peut-être, car il était subtil à sa manière, le danger de Morinière se rattachait à quelque piège tendu par la comtesse Marcian Gregoryi.