En quittant l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, René de Kervoz, l'oeil troublé, la poitrine serrée, regarda tout autour de lui. Ce fut le nom d'Angèle qui vint à ses lèvres, comme s'il eût cherché dans cette sainte affection un refuge contre sa folie.
Il était fou déjà. Il le sentait.
Au coin de la rue des Prêtres-Saint-Germain, une forme fuyait. René franchit d'un saut les degrés du perron et courut après elle.
A l'endroit où la rue des Prêtres débouche sur la place de l'École, une voiture élégante stationnait. La portière s'ouvrit, puis se referma. Les chevaux partirent au grand trot.
René n'avait point vu la personne qui était montée dans voiture, et pourtant il la suivit à toutes jambes.
Il était sûr que la voiture contenait son inconnue.
La voiture alla longtemps au trot de ses magnifiques chevaux. La sueur inondait le front de René, qui perdait haleine, sinon courage, et ne s'arrêtait point.
La voiture suivit les quais jusqu'à l'Hôtel de Ville, puis remonta la rue Saint-Antoine, dans laquelle elle fit une courte halte. Les portières restèrent fermées, le valet de pied seulement descendit, frappa à une porte, entra, ressortit et reprit sa place en disant:
—Allez! le docteur viendra.
René avait profité du temps d'arrêt pour reprendre haleine et nouer sa cravate autour de ses reins.