—Au-dessus de la danseuse de corde, pardi! fit l'enfant avec impatience.
—Comme quoi les petits sont analogues aux chiens, pensa l'heureux Saladin. Quand on néglige de leur mettre au cou un collier avec plaque de cuivre, bernique!
Il insista pourtant:
—Je parie que tu sais le nom de ta mère? interrogea-t-il bien doucement.
—C'est maman, repartit Justine qui ajouta: ils l'appellent aussi la Gloriette... pourquoi?
—En route pour la maison tout en or! s'écria Saladin. Il n'y a pas d'ange pareil à toi dans le paradis! viens que je te recoiffe.
Il poussa la porte d'une allée noire, et d'un tour de main escamota le toquet de Petite-Reine qu'il remplaça par un mouchoir à carreaux. L'enfant voulut se fâcher, pour le coup, mais le rusé drôle se mit à la regarder avec admiration et battit des mains, en disant:
—Ah! comme te voilà belle! Si tu pouvais seulement te regarder un peu dans un miroir! Ton papa va te manger de caresses.
Il la reprit dans ses bras, un peu étonnée et craintive. Son plan était que le second cocher, en cas d'accident, ne pût donner le signalement de l'enfant, dont il couvrait maintenant le corps avec les pans de son vieux châle.
En marchant, il redoublait de gaieté, promettant monts et merveilles et dépensant des trésors d'éloquence à décrire les miracles de la maison tout en or.