—Que voulez-vous, il y a des personnes qui ne sont pas honnêtes. C'est une fausse adresse, quoi, qu'on m'a donnée. Conduisez-nous au coin du boulevard de Montreuil et de l'avenue des Triomphes... Voyez si c'est pâlot, ce pauvre trésor!
—Une jolie petite fille, dit le cocher.
—C'est un garçon, mais c'est si mièvre! tout le monde le prend pour une fille.
Il embrassa l'enfant qui était entortillé dans le vieux châle, et le cocher reprit son siège.
La route entre la rue Saint-Paul et le boulevard de Montreuil qui touche à la barrière du Trône fut employée par Saladin à défaire complètement la toilette de Petite-Reine. Il ne lui laissa que sa jupe de dessous, sans crinoline. Dans le courant de cette opération, il aperçut le signe que l'enfant portait au côté droit de sa poitrine auprès de l'épaule droite.
—Tiens! tiens! dit-il en le considérant curieusement: une cerise! et une belle, ma foi! Il paraît que la maman est portée sur sa bouche. Voilà une marque qui serait bien gênante si elle était sur la figure. Heureusement que ça ne se voit pas, à moins d'être fièrement décolletée!
Tout en causant ainsi avec lui-même, de bonne amitié, il laissa de côté la cerise, pur objet de curiosité qui ne se pouvait point vendre, pour détacher une chaînette d'or à laquelle pendait une croix du même métal.
—Je ne donnerais pas ça pour vingt francs, dit-il, au poids.
Puis, s'interrompant:
—Tiens! tiens! fit-il encore, je parlais de colliers qu'il faudrait mettre autour du cou des bébés, comme on fait aux petits épagneuls. La Gloriette avait eu la même idée!