—Monsieur le duc est toujours bon pour moi. Tous mes désirs sont devancés par sa courtoisie. Seulement la grande passion qui l'a entraîné vers moi jadis est éteinte, et une sorte de galanterie respectueuse l'a remplacée. Il a repris sa liberté sans me rendre la mienne, et puisque nous en sommes sur ce sujet, Hector, nous allons causer sérieusement. Je ne sais pas si votre oncle est jaloux ou s'il feint d'être jaloux, mais...

—Comment! s'écria le jeune homme vivement, vous seriez soupçonnée!

—Écoutez-moi, reprit madame de Chaves, nos bons jours sont passés. Avant de partir, monsieur le duc m'a fait comprendre que vos assiduités à l'hôtel lui portaient ombrage.

—Mais ce n'est pas possible! dit Hector, c'est lui qui a fait naître, c'est lui qui a favorisé ces assiduités, et maintenant que j'ai pour vous, belle cousine, une amitié de frère...

—Dites une tendresse de fils, interrompit madame de Chaves.

—J'ai dit de frère, répéta Hector en rougissant.

Puis il se tut.

La belle duchesse secoua la tête en souriant.

—Voilà le danger, murmura-t-elle, de rester jeune si longtemps. Mais vous me comprenez, Hector. Que monsieur le duc ait tort ou raison, je suis à sa merci; j'ai besoin de son influence et de sa fortune pour continuer mes recherches.

—Vous parlez, dit Hector qui la regarda d'un air étonné, comme s'il dépendait de mon oncle de changer votre situation.