—Je vous abandonne... d'abord; et puis je me fais une carrière dans l'administration en découvrant votre pot aux roses.
Il était assis, comme nous l'avons dit, vis-à-vis d'un groupe formé par le docteur, Jaffret, Comayrol et le Prince. En face de lui, au-dessus du divan qui servait de siège à ces messieurs, il y avait une grande glace.
Derrière lui, touchant le dossier de sa chaise, se trouvait une table qui soutenait un flambeau.
Au-delà de la table, se tenait Annibal Gioja tantôt immobile, tantôt se promenant de long en large.
Aux dernières paroles prononcées par Saladin, celui-ci vit les yeux de ses quatre interlocuteurs se fixer simultanément sur Gioja.
Saladin savait où était Gioja. La glace, fumeuse et tachée, lui renvoyait confusément l'image de l'Italien qu'il ne perdait pas un seul instant de vue.
Quelque chose brilla dans la main droite de ce dernier qui fit un pas vers la table. Les yeux des quatre membres du Club des Bonnets de soie noire se baissèrent en même temps, et le bon Jaffret eut un tout petit frisson.
—Tiens! dit Saladin, le vicomte Annibal n'a pas perdu l'habitude du stylet napolitain.
Il tourna la tête négligemment. L'Italien qui marchait sur lui s'arrêta court. Mais quand Saladin reprit sa position vis-à-vis de ses quatre interlocuteurs, la scène avait changé complètement. Chacun d'eux, même le bon Jaffret, avait le couteau à la main.
—Et que dirait monsieur Massenet? demanda Saladin en riant.