Gioja avait tressailli vivement.
—J'ignore qui a pu vous apprendre... commença-t-il.
—C'est peut-être le roi Louis XIX, répondit Saladin qui tendit la main en riant au Prince, enchanté de cet honneur. En tout cas, au nom du conseil qui m'écoute et qui m'approuve, je vous ordonne d'enrayer.
—Chacun de nous, objecta l'Italien, garde sa liberté d'action pour ses affaires particulières.
—Non pas! dit Comayrol.
—Cette doctrine, ajouta Jaffret, est complètement subversive du grand principe d'association!
—C'est mon avis, appuya le Dr Samuel.
—Et le Gioja, ajouta le Prince avec zèle, est expressément chargé de faire le mort!
—Il ferait le mort au naturel, reprit Saladin dont la voix baissa, si, par hasard, fantaisie lui venait de désobéir à son chef... Veuillez me regarder, Annibal Gioja, s'interrompit-il. De ce qui s'est dit ici, ce soir, un mot répété par vous aux oreilles de M. de Chaves pourrait non seulement faire manquer l'affaire, mais encore mettre en péril toute la confrérie. En conséquence, on pourrait présentement vous ficeler comme un paquet et vous placer par précaution en lieu sûr. Ce serait peut-être de la prudence.
—Je jure..., voulut interrompre Gioja.