—Qu'ai-je donc? mon Dieu! Seigneur, qu'y a-t-il donc en moi? dormir lui fait du bien...

Elle avait été s'asseoir tout à l'autre bout de la chambre, où le ronflement sonore de mademoiselle Guite la poursuivait.

C'est que mademoiselle Guite ronflait en conscience et comme une personne qui n'en est pas à ses débuts.

La duchesse s'irrita contre elle-même, haussa les épaules, sourit de pitié—mais les larmes lui vinrent aux yeux.

Des larmes qui brûlaient sa paupière.

Elle alla jusqu'à son prie-Dieu et joignit les mains douloureusement. Elle pria avec désespoir.

Mademoiselle Guite ronflait.

Et quand la duchesse se retourna, mademoiselle Guite avait changé de posture.

Elle était en quelque sorte vautrée sur le divan. Sa tête avait perdu le coussin et se renversait dans les masses de ses cheveux épars. Ses deux bras relevés s'arrondissaient derrière sa tête comme on représente ceux de bacchantes endormies. Une de ses jambes pendait à terre, tandis que l'autre était allée accrocher le talon mignon de sa chaussure jusque sur le dossier de l'ottomane.

La fièvre donne ces mouvements désordonnés, mais je ne sais pourquoi cette pose, où la pudeur n'était point respectée, semblait cadrer avec la nature même de mademoiselle Guite.