En cherchant, sa main rencontra un objet qui fixa tout à coup son attention. C'était un tout petit carré de canevas comme ceux que l'on sacrifie pour les premiers essais de l'enfant dont le caprice est d'apprendre à broder.
Justin s'accroupit auprès du berceau, tenant le canevas à la main et le considérant avec une attention attendrie.
C'était une relique de la mère, ceci, bien plus encore que de la fille.
On distinguait si bien les points réguliers que la jeune mère avait ajoutés au travail imparfait de l'enfant!
Le carré de canevas n'était pas entièrement recouvert. Ç'avait dû être un des derniers amusements de Petite-Reine, une des dernières complaisances de Lily. On avait fait cela, peut-être la veille du jour où le malheur était entré dans la maison.
Le fond de la tapisserie était d'un blanc rose—couleur de chair—et sur ce fond, rempli par un gros point, ressortit une cerise au petit point qui devait être entièrement de la main de Lily.
Justin comprenait ce jeu; il entendit presque les paroles échangées entre l'enfant et la mère, pendant que s'accomplissait ce souriant travail qui était une allusion à la secrète beauté dont Petite-Reine était si fière.
Quand Justin se releva, ce fut d'un mouvement violent et plein d'une colère qui n'avait point de motifs apparents. Il rejeta le canevas loin de lui; il courut à son lit de paille et saisit la bouteille dont il mit le goulot dans sa bouche pour boire, cette fois, une large lampée.
Il ne s'arrêta que pour reprendre haleine.
—Ah! ah! fit-il tandis qu'une lueur s'allumait dans ses yeux, du feu là-dedans et deux heures de folie!