Médor entra d'un air timide et respectueux. Son regard alla tout de suite au tas de paille et rencontra en chemin la bouteille à demi vide.

—Ivre mort! murmura-t-il. Reste à savoir à quelle heure il a bu. Il marcha dans la chambre en étouffant le bruit de ses pas et vint s'agenouiller auprès du lit.

—Justin, dit-il doucement, père Justin... monsieur Justin!

Le chiffonnier resta immobile et silencieux.

—Faudrait pourtant vous réveiller, reprit Médor avec un accent de prière impatiente. Je suis venu hier, je suis venu cette nuit, je vous ai trouvé endormi toujours, toujours... Voyons, père Justin, éveillez-vous.

Il avait prononcé ces derniers mots en affermissant sa voix. Le chiffonnier fit un mouvement faible.

—Éveillez-vous, répéta Médor qui poussa le courage jusqu'à lui secouer le bras.

Justin gronda d'une voix harassée:

—Je ne dors pas. C'est comme si j'étais mort.

—Oui, oui, parbleu! murmura Médor, c'est comme ça, en effet, et ça finira par y être tout de bon. Enfin, vous pouvez m'écouter, c'est déjà quelque chose; j'en ai long à vous dire, père Justin.