Puis après une seconde de réflexion:
—Ce soir, dit-elle, à dix heures, derrière le théâtre, ma fenêtre s'ouvre à droite; venez, je vous attendrai.
Elle s'éloigna d'un pas gracieux.
Hector resta comme étourdi de son bonheur.
Ce fut leur seconde entrevue. Hector s'était senti moins timide, lors de la première, et il s'en étonnait.
Leur troisième entrevue, je vais la raconter.
Dix heures du soir venaient de sonner à l'horloge des Invalides. Sur l'esplanade presque déserte, quelques baraques s'obstinaient à faire tapage, appelant en vain les curieux clairsemés.
Le théâtre Canada, au contraire, était clos et muet. Une large bande, collée à la devanture, annonçait relâche par indisposition de mademoiselle Saphir.
Derrière le théâtre, il y avait un espace solitaire, encombré par les équipages de l'établissement Canada, et à droite duquel stationnait l'immense voiture qui servait de maison à la famille. Au centre de la voiture s'ouvrait une petite fenêtre carrée, au-delà de laquelle on voyait la lumière.
Hector parut au bout du passage étroit qui contournait la baraque et communiquait avec l'esplanade. Au moment où il se montrait, deux ombres qui étaient restées jusqu'alors immobiles, collées, pour ainsi dire, à l'une des roues de la maison Canada, se baissèrent et glissèrent sous la voiture, de l'autre côté de laquelle un homme attendait.