Seulement, on n'avait pas jeté l'épreuve parce que, je ne sais comment, le nuage souriait.
Petite-Reine demanda:
—Y aura-t-il ma cerise sur le portrait?
Elle fut embrassée, toute mouillée qu'elle était, et la jeune mère répondit:
—Je voudrais bien, mais je n'oserais pas.
—Puisque tu dis que petit père riait toujours en regardant ma cerise!
Lily passa son mouchoir sur ses yeux pour essuyer l'eau du baiser et peut-être une larme. Il y a des mots qui font revivre tout un bonheur passé.
Nous sommes dans les enfantillages jusqu'au cou avec cette Gloriette et Petite-Reine. Un de plus, un de moins, le lecteur nous pardonnera.
Petite-Reine avait une cerise, mais si bien faite! une cerise rouge, brillante, avec un peu de jaune d'or au milieu, comme si elle eût pendu encore à l'arbre sous un rayon de soleil.
C'était un fruit de ce travail bizarre et mystérieux que la nature accomplit en se jouant chez celles qui vont être mères. Elles ont des désirs fougueux, impossibles parfois et l'enfant vient, portant quelque part le témoignage du caprice qui ne fut pas satisfait. Il arrive ainsi que la postérité de madame Canada puisse apporter en naissant une goutte de café sous l'œil ou un bon verre de vin bleu répandu sur la moitié du visage. C'est hideux.