Ce n'était pas tout encore. Dans le pavillon en retour sur le jardin, une pauvre jeune femme, madame la marquise de Rosenthal, attaquée sans doute par les malfaiteurs, avait passé la nuit garrottée et bâillonnée.
Enfin, sous les bosquets des Champs-Elysées, en face du jardin de l'hôtel, une large trace de sang restait, malgré la pluie, et indiquait un ou plusieurs meurtres. Mais, ici, on avait cherché en vain le corps du délit.
Les badauds se racontaient les uns aux autres ces divers détails tragiques et passaient, en somme, une agréable journée.
La justice informait.
Dans l'appartement du jeune comte Hector de Sabran, assez bien remis du coup de canne plombée qui l'avait terrassé la veille, sous les arbres du quai d'Orsay, nous eussions rencontré tous les personnages de notre drame, rassemblés autour du lit de Justin de Vibray.
Le chirurgien venait d'extraire la seconde balle et répondait désormais de l'existence du blessé.
C'était Médor qui avait servi d'aide pendant l'opération.
Toute la matinée on avait craint que Justin ne survécût point à l'extraction des balles; aussi, à tout événement avait-il voulu mettre d'avance la main de mademoiselle Justine de Vibray, sa fille, dans celle d'Hector de Sabran.
Maintenant il dormait paisiblement, tandis que Lily et Justine, les yeux mouillés de larmes heureuses, penchaient leurs sourires au-dessus de son sommeil.
Échalot et madame Canada regardaient cela, et la célèbre Amandine, parlant au nom de la communauté, disait avec fierté mais la larme à l'œil: