L'œil rond de Saladin brilla sous son voile, pendant qu'il se disait:

—Elle fait sa sucrée... ah! tu me trouves laid, toi? Patience!

La Gloriette, habillée comme la veille et si jolie que madame Noblet poussa un grand soupir en songeant à ses vingt ans, avait sous le bras un paquet assez volumineux.

—Je vais reporter de l'ouvrage jusqu'à Versailles, dit-elle, un voile de mariée qu'on attend; je ne serai pas revenue avant quatre heures. Je vous recommande bien Justine, ma bonne madame Noblet... mais où donc est votre gardienne?

—Madame, répondit la Bergère, mais j'ai Médor, et puis, je n'aurai qu'à choisir au Jardin des Plantes. Il y en a assez qui tournent autour de chez moi; la place est bonne... D'ailleurs vous savez bien que tous mes enfants mettent Petite-Reine dans du coton... Est-elle assez mignonne, ce trésor-là!

Lily enleva sa fille dans ses bras et lui donna un dernier baiser.

L'omnibus passait.

Mais l'omnibus fut obligé d'attendre, parce que Lily donna encore des recommandations et une pièce blanche pour le cas où Petite-Reine aurait envie de quelque chose, et d'autres baisers après le dernier, et des promesses de bientôt revenir.

Eh bien, dans l'omnibus, personne ne se fâcha. Quand Lily monta enfin, le conducteur lui prit galamment son paquet, et un sourire général salua son entrée.

Au moment où l'omnibus repartait, un coupé qui stationnait de l'autre côté de la place s'ébranla. L'homme au teint de mulâtre que nous avons vu entrer au théâtre de madame Canada sur les pas de la Gloriette, le «pair de France étranger», montra sa figure bronzée à la portière et dit au cocher: