Jamais, assurément, fût-ce au temps des grands ducs de Guise, assemblée plus illustre n'avait siégé sous sa voûte.
Gonzague était le plus intime favori du régent de France, Gonzague avait eu des raisons pour vouloir que rien ne manquât à l'imposante solennité de cette cérémonie.
Les préparatifs s'en étaient faits secrètement, les lettres de convocation, lancées au nom du roi, dataient de la veille au soir.
On eût dit, en vérité, une affaire d'Etat,—un de ces fameux lits de justice où s'agitaient en famille les destins d'une grande nation.
Outre le président de Lamoignon, le maréchal de Villeroy et le vice-chancelier d'Argenson, qui étaient là pour le régent, on voyait aux gradins d'honneur le cardinal de Lorraine, entre le prince de Conti et l'ambassadeur d'Espagne,—le vieux duc de Beaumont-Montmorency auprès de son cousin Montmorency-Luxembourg;—Grimaldi, prince de Monaco, les deux Larochechouart, dont l'un duc de Mortemart, l'autre prince de Tonnay-Charente; Cossé-Brissac, Grammont, Harcourt, Croy, Clermont-Tonnerre.
Nous ne citons ici que les princes et les ducs.
Quant aux marquis et aux comtes, ils étaient par douzaines.
Les simples gentilshommes et les fondés de pouvoir avaient leur siége au bas de l'estrade. Il y en avait beaucoup.
Cette vénérable assemblée se divisait tout naturellement en deux partis: ceux que Gonzague avait achetés et ceux qui étaient hors de prix.
Parmi les premiers, on comptait un duc et un prince, plusieurs marquis, bon nombre de comtes et presque tout le fretin menu titré.—Gonzague espérait en sa parole et en son bon droit pour conquérir les autres.