—Messieurs, poursuivit Gonzague en apaisant de la main le zèle trop bruyant du bataillon sacré, la patience humaine a des bornes... je m'adresserai une dernière fois à madame la princesse, et je lui dirai: Il faut de bonnes raisons, des raisons graves et fortes pour repousser la vérité évidente.

—Hélas! soupira le bon cardinal, ce sont mes propres paroles!... mais quand ces dames se sont mis quelque chose en tête...

—Ces raisons, acheva Gonzague, madame, les avez-vous?

—Oui, répondit la voix mystérieuse.

—Oui! répliqua la princesse à son tour.

Gonzague était livide et ses lèvres s'agitaient convulsivement. Il sentait qu'il y avait là, au sein même de cette assemblée convoquée par lui, une influence hostile, mais insaisissable. Il la sentait, mais il la cherchait en vain.

Depuis quelques minutes, tout était changé dans la personne de la veuve de Nevers. Le marbre s'était fait chair, la statue vivait.

D'où provenait ce miracle?

Le changement s'était opéré au moment même où la princesse, éperdue, avait invoqué le secours de Dieu; mais Gonzague ne croyait point à Dieu.

Il essuya la sueur qui coulait de son front.