—Ah! messieurs! reprit le prince, que notre jeune roi est un enfant charmant!... Il sait vos noms, et me demande toujours des nouvelles de mes bons amis.
—En vérité! fit le chœur.
—Quand M. le régent, qui était dans la ruelle avec madame Palatine, a ouvert les rideaux, le jeune Louis a soulevé ses belles paupières, toutes chargées de sommeil, et il nous a semblé que l'aurore se levait.
—L'Aurore aux doigts de roses! fit l'incorrigible Chaverny.
Personne n'était sans avoir un peu envie de le lapider.
—Notre jeune roi, poursuivit Gonzague, a tendu la main à Son Altesse Royale; puis, m'apercevant: «Eh! bonjour, prince; je vous ai rencontré l'autre soir au Cours-la-Reine, entouré de votre cour... Il faudra que vous me donniez M. de Gironne, qui est un superbe cavalier.»
Gironne mit la main sur son cœur. Les autres se pincèrent les lèvres.
—«M. de Nocé me plaît aussi, continua Gonzague, rapportant les paroles authentiques de Sa Majesté. Et ce M. de Saldagne, tudieu! ce doit être un foudre de guerre.»
—A quoi bon ceci? lui glissa Chaverny à l'oreille, Saldagne est absent.
On n'avait vu, en effet, depuis la veille au soir, ni M. le baron de Saldagne ni M. le chevalier de Faënza.