»Deux ou trois fois, ses yeux s'étaient tournés, malgré lui, vers l'or étalé sur la table.

»Nous étions si pauvres!

»—Eh bien, eh bien, fit l'oncle Miguel, cela se devine, que diable!... n'est-ce pas, mon neveu don Sanche?... Les Crencha n'ont jamais reçu de soufflet... c'est la première fois que cela se voit dans l'histoire. Les Crencha sont des lions, voyez-vous, seigneur cavalier!... Et spécialement, mon neveu don Sanche... mais...

»Il fit une pause après ce mais.

»La figure de mon ami Henri s'éclaira, tandis que son regard glissait de nouveau sur le tas de quadruples pistoles.

»—Je crois comprendre, dit-il, et je suis prêt à vous servir.

»—A la bonne heure! s'écria l'oncle don Miguel;—par saint Jacques! voici un digne cavalier.

»Le neveu don Sanche, perdant son flegme, se frotta les mains d'un air tout content.

»—Je savais bien que nous allions nous entendre, poursuivit l'oncle; don Ramon ne pouvait pas nous tromper... Le faquin se nomma don Ramiro Nunès Tonadilla, du hameau de San-José... Il est petit, barbu, les épaules hautes...

»—Je n'ai pas besoin de savoir tout cela, interrompit Henri.