Une demi-heure après sa toilette achevée, nous la retrouvons dans la chambre à coucher de ce dernier, émue malgré sa hardiesse, et toute confuse de la belle entrée qu'elle venait de faire.

—Pourquoi Peyrolles ne vous a-t-il pas accompagnée? lui demanda Gonzague.

—Votre Peyrolles, répondit la jeune fille,—a perdu la parole et le sens pendant que je faisais ma toilette... Il ne m'a quittée qu'un instant pour se promener au jardin...; quand il est revenu, il ressemblait à un homme frappé de la foudre. Mais, s'interrompit-t-elle d'une voix caressante, ce n'est pas pour parler de votre Peyrolles que vous m'avez fait venir, n'est-ce pas, monseigneur?

—Non, répondit Gonzague en riant,—ce n'est pas pour parler de mon Peyrolles.

—Dites vite! s'écria dona Cruz;—que voulez-vous de moi?... Je brûle de le savoir, vous voyez bien! Dites vite!

Gonzague la regardait attentivement.

Il pensait:

—J'ai cherché longtemps, mais pouvais-je trouver mieux?... Elle lui ressemble, sur ma foi! ce n'est pas une illusion que je me fais...

—Eh bien, reprit dona Cruz, dites donc!

—Asseyez vous, chère enfant, repartit Gonzague.