Tout en dansant, elle disait:

—Le bal du régent!... nous irons au bal du régent!... Les clôtures ont beau être épaisses, le jardin froid et désert, les fenêtres closes!... j'ai entendu parler du bal du régent!... je sais qu'on y verra des merveilles... et moi, je serai là!...

Oh! merci! merci, prince! s'interrompit-elle;—si vous saviez comme vous êtes beau quand vous êtes bon!... C'est au Palais-Royal, n'est-ce pas?... moi qui mourais d'envie de voir le Palais-Royal...

Elle était tout au bout de la chambre. D'un bond, elle fut auprès de Gonzague et s'agenouilla sur un coussin à ses pieds.

Et, toute sérieuse, elle demanda en croisant ses deux belles mains sur le genou du prince et en le regardant fixement:

—Quelle toilette ferai-je?

Gonzague secoua la tête gravement.

—Aux bals de la cour de France, dona Cruz, répondit-il,—il y a quelque chose qui rehausse et pare un beau visage encore plus que la toilette la plus recherchée.

Dona Cruz essaya de deviner.

—C'est le sourire? dit-elle, comme un enfant à qui l'on propose une naïve énigme.