La rue du Chantre, noire et déserte malgré le voisinage de cette cohue et de ces lumières, semblait dormir. Ses deux ou trois réverbères tristes se miraient dans son ruisseau fangeux. Au premier abord, on n'y découvrait âme qui vive.
Mais à quelques pas de la maison de maître Louis, de l'autre côté de la rue, dans un enfoncement profond, formé par la récente démolition de deux maisons, six hommes, vêtus de couleurs sombres, se tenaient immobiles et muets.
Deux chaises à porteurs étaient à terre derrière eux. Ce n'était point M. Law que ceux-ci attendaient.
Ils avaient les yeux fixés sur la porte close de la maison de maître Louis depuis que Cocardasse junior et frère Passepoil y étaient entrés.
Ceux-ci, restés seuls dans la salle basse après leur expédition victorieuse contre Berrichon et dame Françoise, se posèrent en face l'un de l'autre et se regardèrent avec une mutuelle admiration.
—Sandiéou! l'enfant, dit Cocardasse, tu n'as pas encore oublié ton métier!
—Ni toi non plus: c'est fait proprement... mais nous en sommes pour nos mouchoirs!
Si nous avons eu parfois à blâmer Passepoil, ce n'a point été par suite d'une injuste partialité; la preuve c'est que nous ne craignons pas de signaler à l'occasion ses côtés vertueux: il était économe.
Cocardasse, entaché au contraire de prodigalité, ne releva point ce qui avait trait aux mouchoirs.
—Eh donc! reprit-il, le plus fort est fait...