»C'était une petite bohémienne de mon âge,—et jolie!...
»Je n'ai jamais rien vu de si mignon que Flor: c'était la grâce, la finesse, la douce espièglerie.
»Flor doit être maintenant une adorable jeune fille.
»Je ne sais pourquoi j'eus tout de suite envie de l'embrasser. Mon baiser l'éveilla. Elle me le rendit en souriant. Mais la vue d'Henri l'effraya.
»—Ne crains rien, lui dis-je.—C'est mon bon ami, mon père chéri qui t'aimera, puisque déjà je t'aime... Comment t'appelles-tu?
»—Flor... et toi?
»—Aurore...
»Elle reprit son sourire:
»—Le vieux poëte, murmura-t-elle,—celui qui fait nos chansons... parle souvent des pleurs d'Aurore qui brillent comme des perles au calice de la fleur... Tu n'as jamais pleuré, toi, je parie; moi, je pleure souvent.
»Je ne savais ce qu'elle voulait dire avec son vieux poëte.—Henri nous appelait.—Elle mit la main sur sa poitrine et s'écria tout à coup: