X
—La dégradation.—
Ce que l'on appelait le grand cabinet ou, mieux, le premier cabinet du régent était une salle assez vaste où il avait coutume de recevoir les ministres et le conseil de régence. Il y avait une table ronde couverte d'un tapis de lampas, un fauteuil pour Philippe d'Orléans, un fauteuil pour le duc de Bourbon, des chaises pour les autres membres titulaires du conseil et des pliants pour les secrétaires d'État.
Au-dessus de la principale porte était l'écusson de France avec le lambel d'Orléans.
Les affaires du royaume se réglaient là, chaque jour, un peu à la diable, après le dîner. Le régent dînait tard; l'opéra commençait de bonne heure, on n'avait vraiment pas le temps.
Quand Lagardère entra, il y avait là beaucoup de monde; cela ressemblait à un tribunal.
MM. de Lamoignon, de Tresmes et de Machault se tenaient à côté du régent, qui était assis. Les ducs de Saint-Simon, de Luxembourg et d'Harcourt étaient auprès de la cheminée. Il y avait des gardes aux portes, et Bonnivet, le triomphateur, essuyait la sueur de son front, devant une glace.