Le régent leur imposa silence d'un geste.
—Voulez-vous donner raison à ceux qui disent que Philippe d'Orléans a plus d'une parole?... s'écria-t-il. C'est écrit; c'est signé... cet homme est libre... Il a quarante-huit heures pour passer la frontière.
Lagardère ne bougea pas.
—Vous m'avez entendu, monsieur! fit le régent avec dureté, sortez!
Lagardère se prit à déchirer lentement le parchemin dont il jeta les morceaux aux pieds du régent.
—Monseigneur, dit-il, vous ne me connaissez pas... Je vous rends votre parole... De cette liberté que vous m'offrez et qui m'est due, je ne prends, moi, que vingt-quatre heures... C'est tout ce qu'il me faut pour démasquer un scélérat et faire triompher une juste cause!... Assez d'humiliations comme cela! Je relève la tête... et sur l'honneur de mon nom... entendez-vous, messieurs? sur mon honneur à moi, Henri de Lagardère, qui vaut votre honneur à vous, je me charge de le prouver... Sur mon honneur, je promets et je jure que demain, à pareille heure, madame de Gonzague aura sa fille et Nevers sa vengeance, ou que je serai prisonnier de Votre Altesse Royale... Vous pouvez convoquer les juges!
Il salua le régent et écarta de la main ceux qui l'entouraient en disant:
—Faites place!... je prends mon droit.
Gonzague l'avait précédé. Gonzague avait disparu.