Le bossu se glissa sous la tente avec force saluts.—Quand il aperçut le groupe de grands seigneurs assis maintenant autour de la table, il secoua la tête d'un air content et dit:
—Oui, oui... il y a quelque chose... le régent est soucieux... la garde est doublée... mais personne ne sait ce qu'il y a... M. le duc de Tresmes ne le sait pas, lui qui est gouverneur de Paris... M. de Machault ne le sait pas, lui qui est lieutenant de police... le savez-vous, M. de Rohan-Chabot?... le savez-vous, M. de la Ferté-Senneterre?...—Et vous, messieurs, s'interrompit-il en se retournant vers nos seigneurs, qui reculèrent instinctivement; le savez-vous?
Nul ne répondit.—MM. de Rohan-Chabot et de la Ferté-Senneterre ôtèrent leurs masques.—On en usait ainsi quand on voulait forcer poliment un inconnu à montrer son visage.
Le bossu, riant et saluant, leur dit:
—Messieurs, cela ne servirait à rien... vous ne m'avez jamais vu...
—M. le baron, demanda Barbanchois à son voisin fidèle,—connaissez-vous cet original?
—Non, M. le baron, repartit la Hunaudaye,—c'est un singulier olibrius.
—Je vous le donnerais bien en mille, reprit le bossu,—pour deviner ce qu'il y a... ce serait du temps perdu... il ne s'agit point des choses qui occupent journellement vos entretiens publics et vos secrètes pensées... il ne s'agit point des choses qui font l'objet de vos prudentes appréhensions, mes dignes messieurs...
Ce disant, il regardait Rohan, la Ferté, les vieux seigneurs assis à la table.