—Cocardasse, mon noble ami, marchons droit!

Capédébiou! Il ne s'agissait pas de plaisanter! Le diable de bossu leur avait parlé au nom de Lagardère.

Quelque chose leur disait que l'œil d'un surveillant sévère était sur eux. Ils étaient graves et roides comme des soldats en faction.

Pour pouvoir circuler dans le bal en exécution des ordres du bossu, ils avaient été reprendre leurs pourpoints neufs et délivrer par la même occasion dame Françoise et Berrichon son petit-fils.

Il y avait bien une heure que la pauvre Aurore, perdue dans cette foule, cherchait en vain Henri, son ami.

Elle croisa madame la princesse de Gonzague et fut sur le point de l'aborder, car les regards de tous ces écervelés la brûlaient et la peur la prenait. Mais que dire pour obtenir la protection d'une de ces grandes dames qui, dans cette fête, étaient chez elles?

Aurore n'osa pas.

D'ailleurs, elle avait hâte d'atteindre ce rond-point de Diane qui était le lieu du rendez-vous.

—Messieurs, dit Chaverny, ce n'est ni mademoiselle de Choisy, ni la maréchale, ni mademoiselle Nivelle, ni personne que nous connaissions... c'est une beauté merveilleuse et toute neuve... Une petite bourgeoise n'aurait point ce port de reine, une provinciale donnerait son âme au démon, qu'elle n'atteindrait point à cette grâce enchanteresse, une dame de la cour n'aurait garde d'éprouver ce charmant embarras... Je fais une proposition.