Cela eut un succès extravagant.—Lorsque le corps de ballet disparut dans les roseaux, trois ou quatre mille voix émues crièrent: Vive M. Law!
Mais ce n'était pas fini; il y eut une cantate,—et qui chanta la cantate? Devinez! Ce fut la statue du fleuve.
La statue était le signor Angelini, première haute-contre de l'Opéra.
Certes, il y a des gens pour dire que les cantates sont des poëmes fatigants et qu'il y a bien assez de confiseurs pour occuper les bardes échevelés qui riment ces sortes d'obscénités.—Mais nous ne sommes pas du tout de cet avis. Une cantate sans défaut vaut seule une tragédie.
C'est notre opinion. Ayons-en le courage.
La cantate était encore plus ingénieuse que le ballet; si c'est possible. Le génie de la France y venait dire, en parlant du bon M. Law:
Et ce fils immortel de la Calédonie
Aux rivages gaulois envoyé par les dieux,
Apporte l'opulence avecque l'harmonie...
Il y avait aussi une strophe pour le jeune roi et un petit couplet pour le régent.
Tout le monde devait être content.
Quand le dieu eut fini sa cantate, on le releva de sa faction et le bal continua.