Ordinairement, Gonzague était bon prince et venait au secours de ses courtisans qui se noyaient, mais cette fois, il laissa Oriol perdre plante.

Le bossu riait sur son pavé.

Quand il eut achevé de compter son argent, il tordit le cou à son sac de cuir et l'attacha soigneusement avec une corde.—Puis, il se disposa à rentrer dans sa cabane.

—Allons, Jonas! lui dit un gardien; est-ce que tu comptes coucher ici?

—Oui, mon ami, répondit le bossu; j'ai apporté ce qu'il me faut pour cela.

Le gardien éclata de rire. Ces messieurs l'imitèrent, sauf le prince de Gonzague qui garda son grand sérieux.

—Voyons! voyons! fit le gardien; pas de plaisanteries, mon petit homme! Déguerpissons... et vite!

Le bossu lui ferma la porte au nez.

Comme le gardien frappait à grands coups de pied dans la niche, le bossu montra sa tête pâlotte au petit œil de bœuf qui était sous le toit.