—Le mort parle.—

La grand'salle de l'hôtel de Gonzague resplendissait de lumières. On entendait dans la cour les chevaux des hussards de Savoie; le vestibule était plein de gardes françaises; le marquis de Bonnivet avait la garde des portes. On voyait que le régent avait voulu donner à cette solennité de famille tout l'éclat, toute la gravité possible.

Les siéges alignés sur l'estrade étaient occupés comme l'avant-veille: les mêmes dignitaires, les mêmes magistrats, les mêmes grands seigneurs.

Seulement, derrière le fauteuil de M. de Lamoignon, le régent s'asseyait sur une sorte de trône.—Le Blanc, Voyer-d'Argenson et le comte de Toulouse, gouverneur de Bretagne, étaient autour de lui.

La position des parties avait changé. Quand madame la princesse fit son entrée, on la plaça auprès du cardinal de Bissy, qui siégeait maintenant à droite de la présidence;—au contraire, M. de Gonzague s'assit devant une table, éclairée par deux flambeaux, à l'endroit même où se trouvait deux jours auparavant le fauteuil de sa femme.

Placé ainsi, Gonzague se trouvait adossé à la draperie masquant la porte dérobée par où le bossu était entré lors de la première séance.

Cette porte, dont les ordonnateurs de la cérémonie ignoraient l'existence, n'avait point de gardes.

Il va sans dire que les aménagements commerciaux dont l'injure déshonorait naguère cette vaste et noble enceinte avait complétement disparu. Grâce aux draperies et aux tentures, on n'en découvrait la trace nulle part.

M. le prince de Gonzague, entré avant sa femme salua respectueusement le président et l'assemblée. On remarqua que Son Altesse Royale lui répondit par un signe de tête tout familier.