Gonzague entra dans le cimetière par la brèche. La nuit était si noire, qu'il eut peine à trouver son chemin jusqu'à la chapelle funèbre. Comme il atteignait l'endroit où ses compagnons devaient l'attendre en embuscade, les croisées resplendissantes de l'hôtel attirèrent malgré lui son regard. Il vit la grand'salle, toujours illuminée, mais vide. Pas une âme sur l'estrade dont les fauteuils dorés brillaient.

Gonzague se dit:

—Ils me poursuivent... mais ils n'auront pas le temps.

Quand ses yeux, aveuglés par l'éclat des lumières, revinrent vers cette sorte de taillis qui l'entourait, il crut voir de tous côtés ses compagnons debout. Chaque tronc d'arbre prenait pour lui une forme humaine.

—Holà, Peyrolles! fit-il à voix basse, est-ce donc fini déjà?

Le silence lui répondit.

Il donna du pommeau de son épée contre cette forme sombre qu'il avait prise pour le factotum. L'épée rencontra le bois vermoulu d'un cyprès mort.

—N'y a-t-il personne?... reprit-il; sont-ils partis sans moi?

Il crut entendre une voix qui répondait: Non. Mais il n'était pas sûr parce que son pied faisait crier les feuilles sèches.

Une sourde rumeur naissait déjà, puis s'enflait du côté de l'hôtel.