—Que personne ne franchisse les murs de cette enceinte!... des gardes partout!
—Par la mort-Dieu! fit Gonzague qui eut un rire convulsif, on nous octroie le champ clos comme au temps de la chevalerie... Philippe d'Orléans se souvient une fois en sa vie qu'il est fils des preux... soit! attendons les juges du camp!
En parlant ainsi, traîtreusement, et tandis que Lagardère répondait: «Soit, attendons,» Gonzague, se fendant à l'improviste, lui porta son épée au creux de l'estomac.
Mais une épée, dans de certaines mains, est comme un être vivant qui a son instinct de défense. L'épée de Lagardère se releva, para et riposta.
La poitrine de Gonzague rendit un son métallique. Sa cotte de mailles avait fait son effet. L'épée de Lagardère vola en éclats.
Sans reculer d'une semelle, il évita d'un haut-le-corps le choc déloyal de son adversaire qui passa outre dans son élan. Lagardère prenait en même temps la rapière de Cocardasse que celui-ci tenait par la pointe.
Dans ce mouvement, les deux champions avaient changé de place. Lagardère était du côté des deux maîtres d'armes. Gonzague, que son élan avait porté presque en face de l'entrée de la chapelle funèbre, tournait le dos au duc d'Orléans qui approchait avec sa suite.
Ils se remirent en garde. Ce Gonzague était une rude lame et n'avait à couvrir que sa tête; mais Lagardère semblait jouer avec lui. A la seconde passe, la rapière de Gonzague sauta hors de sa main.
Comme il se baissait pour la ramasser, Lagardère mit le pied dessus.