—Vieilles connaissances.—

Nous sommes bien forcé de dire au lecteur ce que M. de Peyrolles venait faire dans la prison de Cocardasse et de Passepoil, car cet habile homme n'eut pas le temps d'exposer lui-même les motifs de sa présence.

Nos deux braves devaient comparaître comme témoins devant la chambre ardente du Châtelet. Ce n'était pas le compte de M. de Gonzague. Peyrolles avait charge de leur faire des propositions si éblouissantes, que leurs consciences n'y pussent tenir: mille pistoles à chacun d'un seul coup, espèces sonnantes et payées d'avance, non pas même pour accuser Lagardère, mais pour dire seulement qu'ils n'étaient pas aux environs de Caylus la nuit du meurtre.

Dans l'idée de Gonzague, la négociation était d'autant plus sûre, que Cocardasse et Passepoil ne devaient pas être très-pressés d'avouer leur présence en ce lieu.

Voici maintenant comme quoi M. de Peyrolles n'eut point le loisir de montrer ses talents diplomatiques.

La tête goguenarde du petit marquis avait soulevé le pourpoint de Passepoil, tandis que Peyrolles, occupé à observer les mouvements de nos deux braves, tournait le dos au tas de paille. Le petit marquis cligna de l'œil et fit un signe à ses alliés. Ceux-ci se rapprochèrent tout doucement.

—Apapur! dit Cocardasse en montrant du doigt l'ouverture du plafond; c'est un peu leste de mettre deux gentilshommes dans un cachot si mal couvert.

—Plus on va, fit observer Passepoil avec modération, moins on respecte les convenances.

—Mes camarades! s'écria Peyrolles qui prenait de l'inquiétude à les voir s'approcher ainsi, l'un à droite et l'autre à gauche, pas de mauvais tours!... si vous me forcez à tirer l'épée...