Paul Féval
LE DERNIER VIVANT
(1871)
[Au lecteur]
J'ai reçu mission de livrer à la publicité le récit d'un événement auquel je pris dans le temps une part indirecte. Mon rôle, au milieu des singulières aventures qui vont être mises sous les yeux du lecteur, n'eut qu'une importance tardive, mais contribua quelque peu au dénouement inespéré du drame.
Le malheureux éclat donné par la dernière guerre aux agissements de certains hommes d'argent, patriotes au point de manger la patrie, a rappelé l'attention publique vers l'origine souvent peu honorable—et parfois infâme—des fortunes acquises dans les fournitures militaires.