Monsieur et cher compatriote,
Je suis, comme vous, de cet excellent pays de Caux, qui peut passer pour le jardin de la Normandie.
Sans avoir l'honneur d'être personnellement connu de vous, j'ai nourri des relations que j'oserais dire assez intimes avec plusieurs membres de votre respectable famille.
À ces titres, j'ose vous prier de m'accorder un rendez-vous d'affaires, soit chez vous, soit à mon cabinet qui n'est pas sans jouir d'une certaine notoriété dans la capitale (rue Vivienne, près du passage Colbert, non loin du Palais-Royal).
J'aurais à vous communiquer de vive voix des particularités concernant deux personnes dont l'une s'intéresse à vous et dont l'autre vous intéresse.
Tout retard pourrait être fâcheux.
Pièce numéro 29
(Écriture de Lucien. Non signée et non datée.)
Je ne sais pas si je suis éveillé. Je crois plutôt que je rêve. Ce qui m'arrive est tellement étrange que je doute, même après avoir entendu et vu.
Geoffroy! Je suis bien sûr que tu te serais rendu, comme je l'ai fait, à l'appel de ce M. Louaisot de Méricourt. Son nom ne m'était pas inconnu. Il appartenait à une famille de notaires, établi à Méricourt, arrondissement de Dieppe. On a beau se raisonner, ces rendez-vous mystérieux, donnés par les gens d'affaires, ont quelque chose d'irrésistible.