—N'est-ce pas que c'est une idée? J'en ai comme ça par hasard d'assez mignonnes. Il est manifeste que le refus de la belle Olympe arrangerait déjà beaucoup nos affaires. Le gros poisson étant parti, on recommencerait la pêche aux goujons.

Mais c'est que notre pauvre photographie n'est même pas un goujon, direz-vous?

Elle n'est rien. Elle est moins que rien.

Donc, le refus de la rayonnante Olympe n'aurait pour résultat immédiat que de nous ramener à Mlle Sidonie, à Mlle Agathe et à Mlle Maria. Est-ce que nous voulons? Non? Alors, creusons l'idée....

J'écoutais, pour le coup, de toutes mes oreilles. Cela mettait M. Louaisot en bonne humeur, il continua:

—Ma parole, il a l'air de comprendre, l'élève Thibaut! Je creuse: je suppose que la situation monétaire de Mlle Jeanne vienne à s'améliorer. Comment? Je vais vous étonner: par la resplendissante Olympe elle-même.

Vous faites la grimace, ça m'est égal. Quand on est en train de supposer, il ne faut jamais s'arrêter à moitié route. Les frais sont nuls.

Je suppose donc que cette même radieuse Olympe, comparable à la divinité, abaisse un regard plein de miséricorde sur la photographie—qui est sa parente, vous savez, et qui pouvait avoir quelques droits à l'héritage de feu le marquis. Eh! eh! pas si bête, ce M. de Méricourt! je suppose, dis-je, que la dite Olympe ait l'idée, spontanée ou suggérée, de prendre ladite photographie sous sa protection majestueuse, de la relever par son contact purificateur, de la présenter dans le monde....

—Assez! assez! balbutiai-je avec découragement.

—Comment, assez! non pas, saperlotte! ce n'est pas assez, mon cher Monsieur.