Je me retournai. M. Louaisot de Méricourt était auprès de moi, un peu en arrière, le chapeau à la main, en grande tenue de soirée et coiffé, ma foi, par le perruquier.
Quoique apprenti diplomate, j'avoue que mon premier mouvement fut de lui fausser compagnie. Les gens de son espèce sont beaucoup plus répugnants quand ils sont bien mis.
Mais je me ravisai aussitôt, et je répondis poliment:
—Très exacte, Monsieur, je vous remercie.
Mon entrée se faisait plus tôt que je ne l'avais pensé.
Précisément à cette heure je quittais la coulisse et j'étais en scène.
M. Louaisot reprit avec moins d'assurance:
—Si je croyais ne pas être indiscret... j'attends ici la sortie de l'Opéra, et l'idée m'était venue de m'offrir une bavaroise....
Mon regard se tourna pour la première fois vers la façade du théâtre où le gaz des grandes solennités ruisselait encore malgré l'heure tardive.
—C'est à cause de la représentation de Roger, me dit obligeamment M. Louaisot. Leurs Majestés y sont, et tout Paris. Il y en a qui sont revenus des bains de mer tout exprès. Vous avez manqué ça; je sais pourquoi. Moi, j'avais ma stalle, mais dame, c'est trop long. Vous savez, je ne peux pas tant m'amuser à la fois. Il y a 22.737 francs de recette. Je néglige les centimes. On ne finira pas avant deux heures du matin.