Je ne l'aurais pas écrite, si elle n'était pas là toujours en tiers entre nous, car j'aime mieux parler la bouche ouverte que de barbouiller du papier. Mais elle ne vous quitte pas plus que votre ombre. C'en est insupportable. On dirait qu'elle veut empêcher les gens de vous approcher.

Enfin, qui vivra verra. Après la noce, nous aurons le temps de causer nous deux.

La noce! quel beau jour! J'arrange déjà dans ma tête les toilettes de ces demoiselles. Moi, je serai très simple, mais de bon goût. Cher petit ange! tenez, il n'y a pas à dire, c'est plus fort que moi: cinq nuits dans le cabinet de toilette, et le garçon sous la tonnelle! Et dans l'escalier, la fois qu'il fit de la pluie! Quel agneau! si je vous tenais, je vous mangerais de baisers.

Votre future mère qui vous aime bien, bien, bien.

P. S.—J'ai l'habitude de laisser une petite place pour Célestine et Julie. Aujourd'hui, j'ai pris presque tout le papier: elles se serreront.

Encore un gros baiser, mon amour de petite fille!

Pièce numéro 63 bis

(Mot de Mlle Célestine.)

Ma chère... Écrirai-je sœur?

C'est mon vœu le plus doux. Je n'ai jamais éprouvé pour personne une si tendre sympathie. Je vous brode un tour de cou, et je vous aime.