Réveil—Mon roman

Je touchai Lucien, il ouvrit aussitôt les yeux et passa la main sur son front baigné de sueur.

J'hésitai ne sachant s'il fallait parler le premier.

Quand son regard tomba sur moi, il eût l'air profondément surpris.

—Geoffroy! prononça-t-il à voix basse, Geoffroy de Rœux! à Paris!

Sa physionomie, en ce moment, avait subi une transformation tout à fait extraordinaire. Il ne lui restait rien de cette joliesse enfantine et presque féminine, qui m'avait étonné naguère et surtout chagriné.

C'était un homme, à cette heure. Il avait l'air très souffrant, mais froid et ferme.

Il me tendit la main.

—Je n'espérais plus vous voir, Geoffroy, me dit-il. Je vous ai longtemps attendu.

Manifestement, il ne se souvenait pas de m'avoir vu tout à l'heure.