Et l'image de M. Louaisot de Méricourt s'asseyait dans ma ruelle, demandant familièrement à Pélagie une tranche de rôti à manger sous le pouce.
Celui-là seul aurait pu me dire ce que j'avais besoin de savoir: Quel était le secret de la marquise Olympe.
Je l'entendais murmurer la bouche pleine:
«Quel secret, Monsieur et cher client? car la céleste créature en a plusieurs...»
J'en demande bien pardon au lecteur, mais je n'ai pas tout dit encore sur l'incompatibilité des métiers de romancier et de juge d'instruction.
De même qu'en physique il y a deux puissances opposées, gardant l'équilibre de notre monde matériel: la force centripète ou attraction, et la force centrifuge ou vitesse acquise, de même, dans la cage à écureuils où tournent les conteurs, il y a deux éléments contraires: la vraisemblance qui attache, l'incroyable qui entraîne.
Ce sont là les deux sources éternelles de l'intérêt dans un récit.
Et comme l'intérêt est identique à la vérité, il doit y avoir, par conséquent, pour arriver à la vérité ou a l'intérêt, deux routes dont l'une correspond à la vraisemblance et l'autre à l'imprévu.
Dans notre cas, la vraisemblance condamnait Olympe énergiquement et sans appel.
Mais l'imprévu plaidait pour elle avec un égal succès.