Et ce n'est pas la première fois à ce qu'il paraît. Du moins sa lettre que j'ai chipée—cachets intacts, rassurez-vous—sur la table de nuit de l'agneau, et lue d'un bout à l'autre avec le plus vif intérêt, se réfère à un autre message dont la date m'est inconnue.

Ce premier message dut rester sans réponse. Pourquoi? Je n'en sais rien. Peut-être parce que Martroy demandait 200 francs. J'ai appris que l'agneau donnait toutes ses petites rentes et une bonne partie de son traitement pour la toilette de ses sœurs.—Et puis, si les gens comme lui savaient s'y prendre, ne fût-ce qu'un peu, on aurait le cou cassé toutes les trois enjambées.

Ci-joint copie de la missive de Martroy.... Vous avez lu? Qu'en dites-vous?

Ce serait dommage d'échouer quand on est si près du port.

Le vieux dernier vivant baisse, baisse, baisse!

Il ne veut plus manger de crainte de dépenser. Depuis qu'il a chassé son dernier domestique, il va chercher son sou de lait, lui-même, dans sa boîte, avec son vieux manteau de chasseur de Vincennes.

Son chien lui fait peur, sans ça il le tuerait.

Il ramasse des croûtes de pain dans les chiffons.

Pélagie va toujours le voir et lui porte des petits morceaux de sucre. Il les met en tas dans son armoire. Il en a haut comme moi.

Et il tousse à faire trembler. Ce n'est plus le squelette d'un vieux coquin, c'est l'ombre d'un singe.