Pièce numéro 87

(Écriture de Lucien, pénible et altérée.—Sans adresse.)

Paris. 22 septembre.

J'ai cru que j'allais mourir. C'est toi Geoffroy à qui j'aurais légué la continuation de ma tâche. J'avais fait, moi-même, à ma dernière heure de force, le paquet qui devait t'être adressé.

Je le défais aujourd'hui. Le recueil n'est pas complet. Dieu veut que j'y ajoute encore.

Pendant ma maladie, je n'ai pas eu une minute de trouble mental. Je me sentais mourir. J'en éprouvais une grande joie—et un inexprimable chagrin.

Mon chagrin était pour Jeanne que je laissais en péril.

Ma joie était pour moi. Je m'en repens. J'ai bien souffert, mais je n'ai pas plus souffert que la plupart des autres hommes. Et j'ai fait mon devoir.

J'ai eu autour de moi, à plusieurs reprises, pendant ma maladie, M. Louaisot, l'homme de la rue Vivienne, sa gouvernante Pélagie et un médecin qu'il avait amené. Mes papiers étaient à l'abri. Une seule lettre m'a manqué que j'avais entrevue sur ma table de nuit.

C'était moi qui avais mandé Louaisot, mais je ne l'avais pas appelé en qualité de garde malade.