César, c'est vous, ô bon public! ceux qui vont mourir vous font la révérence.

Ceux-là, les moribonds, c'est nous, la rédaction du Moustique.

Rendez le salut, car nous allons trépasser pour vous.

La chose triste, c'est que ça vous est bien égal.

Nous agonisons sous les coups du parquet. Le parquet nous traque parce que nous disons la vérité. Voilà un crime qui ne se pardonne pas en l'an de grâce 1865.

Tuez votre amant dans un bouge, à petits coups, j'entends dans un bouge élégant, à Ville-d'Avray ou au Point-du-Jour, et on vous laissera vous évader, si vous êtes jeune, gentille et de bonne maison, mais imprimez la vérité, on vous mettra à la lanterne.

Voyons! à quoi va-t-on nous condamner parce que haute et puissante demoiselle Jeanne-Hildegonde-Ermengarde Péry, dame de Marannes et autres lieux a jugé à propos de prendre la clé des champs?

Nous ne lui en voulons pas pour cela, mais on va nous condamner à quelque chose, c'est certain.

Nous avons déjà eu quinze jours de prison et 2.000 francs d'amende pour avoir osé dire autrefois que dame Justice faisait exprès de ne pas mettre la main sur cette noble demoiselle.

Quel supplice va-t-on inventer à notre usage! car nous sommes bien forcés de murmurer que dame Justice a fait exprès d'ouvrir les doigts pour permettre à l'oiseau en question de prendre sa volée.