Je l'ai sincèrement aimé, et beaucoup estimé.
Tu as pu voir par les articles des journaux qu'il est soupçonné de n'avoir pas été étranger à l'évasion de Jeanne.
Ces choses me touchent peu. La magistrature qui mérite souvent d'être blâmée est constamment relevée et sauvée par la calomnie stupide.
Loin de poursuivre certaines feuilles, moi, je leur payerais une prime. Elles rehaussent si bien ce qu'elles croient outrager!
Tu verras d'ailleurs demain ou après qu'il y a deux choses dans l'évasion de Jeanne: un effort loyal et secourable d'abord, ensuite une trahison.
À supposer que M. Ferrand, à son insu, comme cela arrive, ait contribué à ouvrir une porte, à décrocher une serrure, il était du côté de Schontz et de la quêteuse, c'est-à-dire du parti loyal et généreux.
Mais je suis bien sûr qu'il n'a rien fait, sinon regarder avec faveur une jeune et jolie personne.
Comme beaucoup d'hommes graves, il a une façon dangereuse d'être galant.
Je te demandais comment tu le juges. Moi, je le juge ainsi, de ce seul mot: il est austère et regarde les femmes.
Il n'y a plus de mousquetaires. Pour eux, ce n'était pas péché de boire, de jouer, d'aimer. Leur vie était une chanson et un éclat de rire.