Louaisot l'ancien n'avait pas deviné cela, mais vous comprenez maintenant pourquoi le fils Jacques avait acheté de la soie à la vieille.

À l'unanimité, le conseil de famille adjugea la tutelle à M. Louaisot.

La justice ratifia cette décision. C'était un grand pas de fait.

La mécanique inventée par le fils Jacques commençait à dessiner ses rouages. Un homme habile aurait déjà deviné son mouvement. Le juge Ferrand était un homme habile, mais il eut le tort de bouder. Il se retira.

M. Louaisot resta seul en face d'Olympe.

Voici que nous entrons dans le vif de l'affaire.

Jusqu'à présent M. Louaisot avait travaillé comme un nègre on peut le dire, autour de la tontine, sans se préoccuper autrement de la tontine elle-même.

Il établissait, à des distances inouïes, les premiers travaux d'un siège régulier qui menaçait non pas le dernier vivant quelconque de la tontine, ou du moins son héritage, mais un dernier vivant dénommé, qu'il avait choisi entre les cinq.

Je n'ai pas besoin de faire remarquer que si le cours de la nature ou la volonté de la Providence venait à déranger l'ordre des décès fixé par M. Louaisot lui-même, la mécanique dudit M. Louaisot se détraquait aussitôt et n'était plus bonne qu'à mettre au grenier.

Il n'avait pas l'air, en vérité, de craindre le moindre achoppement de ce côté. On eût dit qu'il avait fait un pacte avec la destinée.