Olympe essuya ses yeux précipitamment.

—C'est vous qui m'avez fait pleurer! dit-elle avec vivacité.

Les cils du beau tuteur s'abaissèrent pour cacher l'éclair de son regard. Ceci était-il un augure de triomphe?

Il venait de parler du premier pleur d'amour et l'enfant s'était écriée: «C'est vous qui l'avez fait couler!»

Elle devait être plus tard une femme habile et redoutable, précisément par le fait de ce maître qui allait lui donner des leçons.

Mais ce n'était alors qu'une petite fille. Le maître la dominait de toute sa funeste science.

Il avait amené l'entretien juste au point où il le voulait. Désormais l'entretien lui appartenait.

—Admettons donc que ce soit M. Lucien, poursuivit-il, et si c'est Lucien, enfant chérie, Lucien devient aussitôt le plus aimé de mes amis. Je n'ai qu'un but dans la vie: me dévouer à vous, remplacer pour vous celle qui vous aimait si tendrement.

—Ma chère! ma bonne mère! murmura Olympe.

—Et ce n'est pas au hasard, ma fille que je suis venu près de vous à l'heure où personne ne m'écoute. Personne ne doit écouter les confidences qu'une fille fait à sa mère.