Il fallait maintenant que M. de Chambray fût le mari d'Olympe et que l'enfant fût à M. de Chambray.
L'enfant de Louaisot. C'était là le principal. Dans la main de Louaisot l'enfant était un nœud coulant, passé autour du cou d'Olympe.
L'enfant se nommait Lucien, par une effrayante moquerie—et il ressemblait à Lucien Thibaut, en même temps qu'à Olympe.
C'était le fils d'un rêve.
M. le marquis de Chambray était déjà un vieillard, mais un très beau vieillard. Par sa naissance et par sa fortune il avait droit à être considéré comme le personnage important du pays. Sa passion pour Olympe datait de plusieurs mois déjà. Il aimait Olympe jusqu'à l'excès, comme on aime à son âge quand on aime une Olympe. Tous les préliminaires du mariage furent réglés aisément. Le marquis ne demandait qu'à combler sa fiancée.
La veille de la signature du contrat Louaisot me mit entre une fenêtre et lui et me demanda:
—Petiot, est-ce que je suis bien pâle?
—Oui, patron, bien pâle.
C'était vrai. Sauf son regard qui restait clair comme celui d'un aigle, il avait l'air d'un condamné à mort.
—Je ne peux pourtant pas me farder! grommela-t-il entre ses dents.