Olympe courba la tête. Louaisot poursuivit:

—Il faut que Me Pouleux, le notaire de Méricourt soit mandé, à l'instant même aussi; qu'on le fasse lever de force s'il est besoin, qu'on l'arrache de son lit. La mort n'attend pas et M. le marquis est bien malade! Il m'a confié son désir de changer quelque chose à l'acte authentique qui contient ses dispositions dernières.

La poitrine d'Olympe rendit un gémissement, mais elle ne fit aucune résistance.

—Avant de partir pour faire exécuter avec la plus extrême diligence, les ordres de Mme la marquise, dit Louaisot à Louette, je vous serais obligé, ma bonne fille, de m'apporter une légère collation; n'importe quoi: de la viande froide et un verre de vin. Les glaces de l'âge, figurées par ma perruque, ont rendu mon estomac exigeant.

Louette sortit et revint l'instant d'après avec un plateau.

Quand elle fut partie définitivement pour accomplir les ordres qu'elle avait reçus, nous restâmes seuls dans la chambre mortuaire la marquise, Louaisot et moi.

Du fond de mon trou, j'entendais la marquise, sangloter et Louaisot manger.

Il mangeait avec cette sonore activité de mâchoires qui appartient aux ruminants et aux bonnes consciences.

Aucune parole ne fut échangée entre la marquise et lui.

Elle connaissait bien son Louaisot: elle n'essaya ni menaces ni prières.